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House of the Dragon saison 3 : toujours imparfaite, mais enfin à la hauteur du spectacle



Cet article évoque certains éléments de l'intrigue de la troisième saison, mais ne contient aucun spoiler sur le sort des personnages.

Autant le dire franchement : House of the Dragon ne m’a jamais totalement convaincu. Après la fin décevante de Game of Thrones, la question se posait légitimement : y avait-il encore un intérêt scénaristique à continuer d’exploiter l’univers de Westeros ? HBO a sans surprise choisi, pour la première fois de son histoire, de prolonger l’univers d’une de ses séries phares avec non pas une, mais deux nouvelles séries (et sûrement d'autres dans les prochaines années).

Le résultat avec House of the Dragon m’a longtemps laissé sur ma faim. La première saison se perdait dans ses sauts temporels constants. La deuxième s’enlisait dans un ennui profond, plombée par une profusion de personnages aux visages similaires et aux noms qui se ressemblaient, rendant l’intrigue difficile à suivre. Contrairement à Game of Thrones, un véritable problème d’attachement aux personnages a toujours persisté. House of the Dragon a en effet hérité du même goût pour les morts brutales et précoces que sa série mère, mais elle n’a jamais réussi à leur donner le même poids émotionnel. Résultat : ces morts suscitent souvent peu d’émotion, voire parfois un franc soulagement.

Alors pourquoi continuer à regarder ? Tout simplement parce que House of the Dragon a peu d’équivalents en matière de série grand spectacle. Les batailles, la qualité des effets spéciaux et ce ballet de dragons continuent d’enthousiasmer, malgré la faiblesse récurrente des trames scénaristiques. C’est précisément ce que j’attends avant tout de cet univers : du grand spectacle. C’est pour cette raison que le spin-off A Knight of the Seven Kingdoms, expérience volontairement minimaliste lancée en janvier, m’a laissé totalement indifférent, à contre-courant de la plupart des avis positifs qu’il a reçus.

Le premier épisode de cette saison 3 s’ouvre justement sur un affrontement naval majeur, la bataille du Gosier. Le problème, c’est que les enjeux et les protagonistes de cette bataille restent difficiles à se remémorer. Le fait que la diffusion du dernier épisode de la saison précédente remonte à deux ans n’aide évidemment pas. Visuellement, la séquence impressionne, mais elle reste paradoxalement peu crédible en tant que bataille navale : trop d’effets, trop de grandiloquence.

Contre toute attente, c’est à partir du troisième épisode que la série convainc pour la première fois autrement que par la seule qualité de son spectacle. Le ton devient plus fin, plus intime, presque comique par moments. La série délaisse un temps le pur jeu de trônes pour interroger l’exercice concret du pouvoir et ses effets sur Rhaenyra, qui découvre que gouverner n’a rien à voir avec l’idée qu’elle s’en faisait. Sa trajectoire épouse d’ailleurs, de manière assez peu subtile mais efficace, celle de Daenerys Targaryen. Le récit explore par ailleurs les dessous bureaucratiques et budgétaires d’un royaume dirigé par des nobles indifférents au sort du petit peuple. Ce sont sûrement les thèmes les plus intéressants jamais développés par la série jusqu’ici. Une intrigue qui rappelle, par moments, les meilleurs instants de la série mère.

Cette saison a plusieurs qualités à mettre à son crédit. Moins de sexe gratuit et de scènes inutiles (on se souvient des rêves interminables et ennuyeux de Daemon dans la deuxième saison), une intrigue resserrée autour des personnages principaux et de savoureux jeux de pouvoir faits de trahisons et de batailles de dragons toujours aussi impressionnantes. Les coups de théâtre et les renversements de dynamiques de pouvoir rendent la saison plus captivante. Certains cliffhangers suscitent même, pour la première fois, une vraie envie de se lancer directement dans l’épisode suivant. Parmi les nouveaux venus, James Norton se distingue dans le rôle d’Ormund Hightower, en incarnant un antagoniste savoureux face à Rhaenyra. Emma D’Arcy livre également une prestation solide et révèle chez Rhaenyra des facettes plus décalées et inattendues. Le duo qu’elle forme avec Olivia Cooke continue de bien fonctionner, alternant ressentiment, incompréhension, colère et une forme de compréhension mutuelle. Matt Smith, de son côté, reste savoureusement excessif.

Tous les problèmes n’ont néanmoins pas disparu pour autant. Certains choix de personnages restent difficiles à comprendre : Rhaena qui se cache avec Sheepstealer et endosse seule la responsabilité des événements du premier épisode, ou Corlys Velaryon qui revendique soudainement la noblesse de fils bâtards qu’il n’avait jamais reconnus jusque-là. Certains choix scénaristiques semblent en effet chercher à créer artificiellement du conflit plutôt qu’à le faire naître de manière organique. C’est notamment le cas de certains retournements d’allégeance, pas toujours assez développés pour être réellement crédibles. Le sixième épisode, centré sur l’armée de Criston Cole en marche vers Tumbleton, retombe lui aussi dans certains travers habituels de la série. Trop de figures secondaires sont à replacer sur l’échiquier, au détriment du rythme. 

La prophétie de Glace et de Feu, qui revient constamment sans réel intérêt narratif, rappelle par ailleurs en continu à quel point Game of Thrones a raté sa conclusion sur ce point. D’autant que le livre original de George R. R. Martin sur lequel ce préquel est basé n’en parle jamais. Le dernier épisode n’est également pas tout à fait à la hauteur des attentes. La bataille finale est confuse, avec des incompréhensions sur le sort de certains personnages et une tendance toujours trop marquée aux discours alambiqués. Le manque de clarté devient particulièrement gênant une fois qu’Ulf arrive sur le champ de bataille : toutes les cartes sont rabattues, mais les véritables enjeux, tout comme les émotions, restent flous. Le montage de ces dernières minutes manque d'ailleurs de lisibilité, au point qu’il devient difficile de comprendre que les trois dragons apparaissant à la fin de l’épisode sont ceux de Hugh et de Daemon à la poursuite d'Ulf.

Dans une réflexion assez révélatrice sur l’intérêt suscité par le sort des personnages, force est d’admettre que la plus grande émotion que m’a réservée cette saison tient à Sheepstealer, le dragon de Rhaena, laissé gravement blessé à la fin de l’épisode 7. Quand un dragon en CGI, dont la principale caractéristique est de brûler des moutons et de pousser des cris, procure plus d’émotion qu’une bonne partie du casting, il y a tout de même de quoi s’inquiéter. Il n’empêche : même sans jamais vraiment s’attacher à tous ces personnages ni à leur destin, cette saison remplit finalement son contrat. Du divertissement, des retournements de situation, des combines politiques et une qualité de spectacle hors norme. Cela ne suffira pas à en faire une grande série, mais on pourra au moins s’en contenter comme d’une bonne surprise de l’été.

Place maintenant à la dernière saison. Selon le showrunner Ryan Condal, les grandes lignes de l’intrigue de la saison finale sont déjà prêtes et une première version du scénario du premier épisode de la saison 4 a déjà été remise à HBO. Espérons que son dénouement soit plus satisfaisant que celui de Game of Thrones.

PS : Vous pouvez retrouver la nouvelle application du site ici : https://play.google.com/store/apps/details?id=fr.spinoff.app On profite des prochaines semaines pour essayer de donner un nouvel élan à Spin-off avec plus de contenus écrits et un développement progressif sur les réseaux sociaux. On espère que le résultat vous plaira. 



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INFORMATIONS
Date : 14/08/2026 à 16:15
Auteur :
Tags : house of the dragon saison 3 hbo
Fiche série : Game of Thrones, House of the Dragon, A Knight of the Seven Kingdoms
Catégorie : Spin-Off
Sous-Catégorie : Critique



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