Le merdier de la fiction à France Télévisions

Publiée le 03/02/2010 à 01:15
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L'information date de la mi-janvier mais, après divers remous issus de la profession, elle mérite d'être contée sur le site. Depuis le début de l'année, la réforme de France Télévisions est entrée en vigueur. Le groupe public devient une entreprise unique. Tous les étages de la production audiovisuelle sont concernés, y compris la fiction, ce qui nous intéresse. Afin de répondre à l'ambition de se créer un pôle télévisuel public digne de la BBC, toute l'organisation interne destinée au développement et au suivi de projets a été remaniée histoire d'obtenir une plus grande lisibilité. Mais cela produit l'inverse : un chaos indéchiffrable.
Le big boss (en photo) qui a été nommé à cette place juste avant l'été 2009 s'appelle Vincent Meslet. Jusque-là, c'est clair. C'est en creusant dans le détail que ça devient compliqué. Sous sa direction, six responsables de pôles ont été nommés.

Judith Louis aura en charge les programmes de premières parties de soirées. Elle dispose sous elle d'une batterie de responsable de programmes qui ont chacun un rôle particulier :

Sophie Gignon dirige le pôle développement et international. Sous sa tutelle, on trouve :
Thierry Sorel s'occupe du pôle 26 minutes, nouveau chantier que lance France Télévisions cette année :
Hélène Saillon a en charge la coordination des antennes, le marketing et les relations avec les professionnels. Elle est également entourée de Yasmina Yahiaoui, chargé de missions sur la diversité.

Anne Holmes devient responsable du pôle des séries longues. Ce qui implique une "politique de pilote de séries pouvant faire l’objet d’une production rapide d’épisodes supplémentaires en cas de succès".

Et enfin Marie Dupuy d’Angeac, responsable du dernier pôle, Hors cases. Ce qui consiste à développer des "fictions société pouvant donner lieu à débat (4 à 6 par an)" et "propositions atypiques (auteurs, genres, comédiens, formats) pouvant créer un événement d’antenne (2 ou 3 par an)".

Dans tout ce merdier qui a inspiré au Groupe 25 Images un texte très amusant, vous aurez probablement remarqué que certains responsables de programmes sont présents dans plusieurs pôles différents. Pour parfaire le tableau, Vincent Meslet a exposé au FIPA la ligne éditoriale des différentes chaînes de France Télévisions. "Nous voulons clarifier l'offre des différentes chaînes et les spécialiser par genre" a-t-il dit. Amusant n'est-ce pas ?

France 2 va ainsi se concentrer sur le patrimoine culturel, le polar contemporain, le film de société, les feuilletons de l'été et d'hiver. France 3 s'occupera de la fiction contemporaine non policière et devra en même temps offrir de la fiction historique. France 5 aura en charge la fiction sur le web avant de produire pour son antenne directement. On imagine que ça sous-entend le développement d'une plate-forme destinée aux jeunes auteurs.

France 4 est absente des débats et pour cause : elle s'est faites lourdement tapée sur les doigts par le CSA il y a six mois à cause de sa ligne éditoriale destinée aux jeunes. L'organisme de contrôle a justifié ses remontrances par le fait que toute chaîne de France Télévisions se doit de s'adresser à tous les publics. Autrement dit, tant que le CSA ne change pas d'avis, nous n'aurons jamais d'équivalent de la BBC3 par exemple. C'est une épine de plus dans le pied à ce projet farfelu du BBC à la française.

En plus de ces grandes lignes, Vincent Meslet donne à la fiction de France Télévisions trois priorités : de la coproduction internationale, de la fiction politique et le développement des comédies en 26 ou en 52 minutes. Bref, c'est une drôle de façon de clarifier la fiction française. Bonne chance aux producteurs car c'est à eux que revient désormais le privilège d'avoir à déchiffrer ce foutoir.


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