oct
18
2008

Des géomètres et des saltimbanques

14h30 : Première conférence de l’après-midi sur l’état de la fiction française. Autant dire que le sujet mérite de longs débats. Et là, grosse déception. Car si j’en attendais beaucoup, mes attentes n’ont pas été comblées et loin de là. Aucune solution de proposée mais plutôt un constat sur ce que l’on sait déjà : la fiction française est au plus bas et un marasme est annoncé.

En 2007, le volume de production a baissé de 9,4%. Pendant ce temps, les séries américaines prennent de plus en plus d’ampleur sur nos chaînes et la création audiovisuelle française peine à s’installer ou plutôt se réinstaller dans le panorama télévisuel hexagonal. Qu’est ce qui s’est dit alors ? Tout simplement qu’à partir de Mai 68, un changement s’est imposé basé sur le système hollywoodien mélangé à une démocratie populaire. La fiction s’est donc vue réservée aux gens du métier. Qui plus est les scénaristes crééent des programmes pendant deux ans et s’offrent une année sabbatique pour que leur créativité ne s’affaiblisse pas. Du moins c’est ce qui était prévu.

Au final, France 2 a introduit le système au début des années 80. Dans ces années là, c’est la chaîne publique qui domine. TF1 ayant été privatisé au motif du mieux disant culturel et acheté par Bouygues – Lelay et Mougeotte n’y connaissent rien au début -, ils sont bien à la traîne. L’administration est au service du créateur (ça a bien changé) et ils reçoivent un budget pour deux ans. Voilà pour l’historique. Depuis, les choses ont bien évolué et pas du tout dans le bons sens. Les diffuseurs ne prennent plus de risques, brident les créatifs et édulcorent tous les programmes. Des géomètres et des saltimbanques. Terme plusieurs fois répété durant la conférence qui décrit la situation. La prudence commerciale est de mise.

Pendant 1h30, assis dans la salle, j’ai assisté à un véritable lynchage des diffuseurs français et TF1 en premier lieu. Certes, je ne souhaite pas non plus encenser les chaînes françaises sur leur gestion de la crise qui dure depuis quelques années déjà. Mais force est de constater qu’ils ne sont pas les seuls responsables. Le même discours dans toutes les bouches, ou presque. Si certains sont très friands de séries américaines – dont celles de Dick Wolf à mon grand désarroi -, ils ne sont pas avares de mots pour Navarro.

Moyenne d’âge des intervenants : 55 ans. Un rajeunissement de la masse dirigeante des scénaristes et producteurs s’imposent. Leur discours en serait peut-être différent et une remise en question serait également plus que nécessaire. Pas de solution proposée malheureusement mais tous s’accordent à dire qu’il faut respecter la spécificité française et ne pas tenter de copier les séries américaines. Ce que certains n’ont pas respecté d’ailleurs. A juste titre et il le disent très bien, le net ouvre des fenêtres. Dommage que la discussion ne se soit pas attardée plus longtemps sur ce sujet. Et leur constat s’arrête aux années 90. Julie Lescaut, Navarro et Les Cordiers sont les seules références. Pas un mot sur Reporters, Fais pas ci fais pas ça ni Kaamelott. Autant dire que le débat était mort né. Et les interventions de scénaristes dépités rejoignent les pensées obscures de François Fillon  : on est dans la merde.

Valentin Morisseau

Intervenants : Alain Krief (scénariste), Jacques Fansten (réalisateur et président de la SACD), Claude De Givray (scénariste, réalisateur et directeur de la fiction de TF1 de 1987 à 1999), Pascale Breugnot (productrice).

Written by admin in: Non classé | Mots-clefs :, , , , , , ,

2 commentaires »

  • Amusez-vous bien :D

    Commentaire | 18 octobre 2008
  • LSm

    Le dernier paragraphe m’a bien fait rire :)

    Commentaire | 18 octobre 2008

RSS feed for comments on this post. TrackBack URL

Laisser un commentaire

Powered by WordPress | Aeros Theme | TheBuckmaker.com WordPress Themes