N'empêche, Carnivàle est une des séries les plus 'dures' (et les plus difficiles d'accès, ce qui est redoublé par sa lenteur) qu'il m'ait été donné de regarder jusqu'ici. Il y a beaucoup de thèmes et de scènes sombres, voire glauques : vie à l'asile de fous, traitement réservé aux dépressifs à cet époque (bain de glaçons, camisole de force etc.), viols, meurtre, pédophilie, suicide, prostitution, alcoolisme, misère... Sans compter les flashbacks en temps de guerre dans les tranchées ou les scènes de membres coupés avec les templiers, les cauchemars affreux de Ben et certains des freaks qui mettent franchement mal à l'aise, comme la mère muette et immobile avec la bouche grande ouverte. C'est sombre ! pessimiste !
Mais heureusement, la série alterne avec des scènes plus légères à a fête foraine, parfois de l'humour (l''explosion de couilles', The man eating chicken - je me demande comment ils l'ont traduit en VF celle-là...) et quelques scènes de grâce, comme le numéro de la charmeuse de serpents.
Alors on continue à regarder, malgré le malaise et l'angoisse ressentis, parce que c'est quand même fascinant, et qu'on a envie de savoir ce que vont devenir tous ces forains. Et aussi parce que la mise en scène, les décors, les costumes, la photographie et la musique sont splendides.
Sans parler du sublime générique, qui contient en germe, comme cette série, la beauté et la laideur du monde : des scènes de danse, des hommes sur un filet dans le ciel, des cartes de tarot belles comme des tableaux, en opposition aux files interminables de la soupe populaire, à Staline, au Klu Klux Klan.