Un épisode avec Salvatore Romano ne peut être que bon. Ce personnage ambigu, coincé dans son mariage et mal dans son époque, permet toujours à Mad Men d’évoluer sur le terrain des sous-entendus et des non-dits, où la série excelle. En refusant de satisfaire les désirs du patron de Lucky Strike, le néo-réalisateur de pub va se fourrer dans une sale position (sans mauvais jeu de mots). L’échange qui suivra entre Sal et Don est plutôt crypté (trop même) et on ne saura pas vraiment ce qui va advenir de l’homosexuel refoulé de l’agence. Aller satisfaire les besoins de Lee Garner Jr ? Faire son coming-out ? Quitter Sterling-Cooper ? Autant de questions qui devraient être résolues d’ici le season final.
Ce bon Connie Hilton est décidemment plein de surprises. Le personnage, incarné par l’excellent Chelcie Ross, aura chamboulé la vie de Don ces derniers temps. Tout au long de l’épisode, la relation entre les deux hommes s’intensifie de plus en plus au cours de discussions nocturnes sur la prochaine campagne de pub. Depuis le début de Mad Men, c’est l’une des rares fois où l’on voit Don vraiment respecter quelqu’un, l’admirer même. La scène de la présentation de la campagne dans les bureaux de Sterling-Cooper est le climax de « Wee Small Hours ». Il faut voir Connie, Stetson sur la tête, féliciter Don et les autres avant de lâcher « but what about the moon ? », puis passer un savon à son publicitaire préféré. Un bon gros râteau.
Quand Betty rencontre Henry
Ce que finira également par faire Betty en parallèle, avec Henry Francis. On avait pourtant commencé à croire que la sculpturale blonde franchirait le pas de l’infidélité, comme son mari l’a fait à de nombreuses reprises. Elle débute une relation épistolaire avec Henry au cours de l’épisode. Référence une fois de plus à la femme du passé qu’est Betty, fantasmant l’amour courtois, les corsets et les divans pour ladies. Mais le grisonnant quadragénaire a des besoins plus physiques qui vont précipiter l’idylle vers la fin. Et puis Betty trouve l’adultère « sordide ». L’épisode rétablit l’équilibre classique de Mad Men à la toute fin d’ailleurs : on a pensé que Betty tromperait enfin Don, et puis non. Pire, la dernière scène voit l’institutrice Miss Farrell succomber aux avances du tombeur. Dernier plan : travelling au dessus des amants enlacés, paisiblement endormis. Betty la frustré et Don le jouisseur, on imagine mal le couple passer la fin de saison sans encombres.
Le célèbre discours de Martin Luther King (« I have a dream… ») et la lutte des noirs pour la fin de la ségrégation raciale constitue le contexte historique de « Wee Small Hours ». L’occasion pour le personnage de Carla (la bonne) de gagner un peu en épaisseur. D’ailleurs, si Mad Men s’attache à montrer l’évolution des femmes dans la société, il se pourrait bien qu’un personnage noir intègre les prochaines saisons pour montrer le changement de situation dans cette communauté.
Ne négligeons pas les quelques saillies humoristiques de l’épisode, provoquées par Crane, Pete ou certaines « lines » de Roger ou Don. Mad Men, c’est intelligent, subtil, mélancolique mais tous ces types en costard cravates sont également assez drôles et ridicules, ce que n’oublie pas Weiner en écrivant la série. Parce si c’était totalement sérieux, ce serait aussi marrant qu’un cours de marketing.
publiée par Nicolas Loisel (gOrdi) le 05/11/2009 à 20:28
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