Dernier épisode de l’année comportant son lot de révélations qui n’en sont pas, une présentation des futurs enjeux expédiées et surtout un cliffhanger obligatoire et si prévisible qu’il tombe à plat, pas de doute, vous regardez V.
De semaine en semaine, V prouve son incapacité à insuffler de l’intensité et de l’émotion lors du développement des protagonistes. Le potentiel est pourtant la, latent, à la manière de ses agents dormants. Au fil des heures, les intrigues se simplifient. Terminée l’illustration d’une population divisée, les questionnements sur la foi et l’intégration des visiteurs, dorénavant, on se concentre sur deux axes principaux ; l’organisation naissante de la résistance et la vie chez les reptiles.
L’idée paraît alléchante, mais à la manière du pilote, tout va très vite. On amorce l’épisode sur un flash forward foireux, on intègre un danger d’actualité (des vaccins) et on s’éclate à faire le portrait d’une reine manipulatrice et imperturbable. La froideur d’Anna fonctionnerai très bien si elle était la seule à jouer sur ce tableau. Mais malheureusement, du prêtre à l’agent du FBI, du médecin traitre au jeune élu, l’impassibilité est quasiment omniprésente parmi les intervenants.
Serpents ou tortues ?
De ce fait, les efforts de réalisation demeurent infructueux et les multiples emprunts aux genres comme le fameux « he’s the one » ou le plan final qui renvoie directement à Troie paraissent externes au reste. Les auteurs, probablement bloqués par une production plus sensible à l’audimat qu’à la qualité, se permettent tout de même quelques fulgurances, quelques esquisses visuelles d’ idées que nous ne verrons probablement jamais développées. L’une d’entre elles met en scène Anna, dans le plus simple appareil, effectuer une séance d’illumination mentale. Tournée tel un spot détourné pour les énergies renouvelables, rythmée par le son fantasmagorique de Sigur Ros, elle démontre que le pouvoir de cette souveraine s’apparente à celui d’une déesse. Une divinité qu’on se doit d’aduler, contraint ou forcé, une douce suprématie plus préoccupante car affichant une apparente sérénité .
Cette idée géniale de matérialiser la menace de manière passive perd tout son impact car elle baigne dans une atmosphère quasi mécanique, dépourvue de dramaturgie solide. Cela avait déjà été constaté dans les épisodes précédents, donc inutile de le développer. Cette fâcheuse lacune risque fortement d’en décrocher plus d’un, et l’invasion tant promise risque surtout de virer au raid touristique, au grand désarroi des amateurs de sci-fi.
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Courbe des notes et audiences de V (2009) saison 1