Critique tardive pour un épisode qui, bien que meilleur que le précédent, peine à faire décoller la série.
Si le cliffhanger de Rebirth semblait trop précipité, la transition est ici bien réalisée par une introduction qui n’a rien de bien original (Dollhouse avait par exemple employé un même procédé pour introduire son Man on the Street) mais reste très efficace. La révélation filmée d’Amanda permet aux personnages de s’occuper le temps de l’épisode, et si toutes les storylines ne sont pas intéressantes, le temps accordé aux diverses conséquences de cette révélation reste appréciable. Caprica s’étend ici sur plusieurs milieux, qu’ils soient journalistique, policier, économique ou sentimental, et il faut bien louer à la série sa rigueur et sa précision.
Au-delà de ça, toutes les storylines ne passionnent pas (encore?), en particulier les intrigues policières et religieuses dont l’intérêt est pour l’instant limité. Néanmoins, la série retombe bien sur ses pattes après la brusque découverte d’Amanda qui, grâce à un quiproquo bien pensé, permet de complexifier les relations entre tous les personnages de la série. Joseph se laisse ronger par la vengeance et délaisse peu à peu son image de gentil Tauron propre sur lui, alors que Daniel doit subir les conséquences des actes de sa fille. Mais ce n’est pas l’opposition Joseph/Daniel qui est ici la plus intéressante. Alors que Daniel s’accroche aux parfaits souvenirs de sa fille, Amanda réalise qu’elle ne connaissait rien d’elle, seulement une image trafiquée et enjolivée par l’amour qu’elle pouvait lui porter. Un élément qui ne fait que consolider cette image d’une adolescence hors de contrôle et dont la maîtrise de la technologie dépasse totalement les parents.
Néanmoins, si les dialogues sont bien écrits et la réalisation - en particulier le cadrage - est remarquable, on a du mal à s’impliquer dans les diverses histoires qui nous sont montrées. Précisément parce qu’on ne comprend pas encore vers où nous emmène la série et les protagonistes n’ont pas vraiment l’air de le savoir non plus. Si ça peut faire son effet lorsqu’il s’agit de personnages traumatisés par la perte d’un être cher, c’est déjà plus problématique dans le cas de fanatiques religieux. Les différents membres du STO agissent chacun de leur côté et personne ne semble finalement au courant des réels agissements de la société qu’ils ont rejoint. Un point qui peut être intéressant à creuser mais qui nous laisse pour l’instant face à une storyline dont la finalité est si obscure qu’il devient vite difficile de s’étaler en détail sur le sujet. Mais si elle permet de moquer le personnage de Lacy, on ne s’en plaindra pas.
Il faut au moins reconnaître à la série qu’elle a l’audace de prendre son temps et imposer un rythme qui ne plaira pas à grand monde. Et lorsque toutes les storylines nous laissent tomber, il reste toujours une personne sur laquelle on peut compter : Bear McCreary. Après avoir fait ses preuves dans Battlestar Galactica, le compositeur continue de faire des merveilles pour Caprica et le morceau qui suit le générique, Voices of the Dead (en collaboration avec son frère Brendan McCreary) est une pure merveille. Bear est même tellement génial qu’il rassure les fans sur son blog : “Rebirth and Reins are both complex episodes that lay the foundation for the first half of the season. There are even better episodes coming up. In fact, the show is just getting started”. Mais comme on n’est pas aussi naïf que la pauvre Lacy, on se méfiera quand même de cette déclaration.
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